FESTIVAL D'AVIGNON > Fanny Inesta - La Marseillaise


Une mise en scne à couper le souffle : "Erendira" est assurément une des plus belles pices du OFF 2008.
Erendira, jeune orpheline de onze ans est élevée par sa grand-mère à la mode Cendrillon. Un soir, épuisée par ses travaux domestiques sans fin, elle s'endort en oubliant d'éteindre sa chandelle. Le matin, il ne restera que les cendres de la maison. La grand-mère, personnage diabolique verra là le moyen de se faire rembourser. Fillette fragile, tremblante, ne sachant qu'obéir, elle va devoir vendre sa virginité et se retrouver ensuite sur les chemins de la prostitution afin de rembourser sa dette. Dès les premiers instants du spectacle, on entre dans un récit qui nous enveloppe. Sarkis Tcheumlekdjian, le metteur en scne, réussit à nous offrir une palette d'effets visuels et sonores qui nous transportent. Il a tissé avec talent le lien Macondo / Erendira, grâce aux deux conteuses qui passent d'une histoire à l'autre en interférant le passé et le présent, le rêve et la réalité, les morts et les vivants du récit de Gabriel Garcia Marquez.
 



Deux conteuses magistralement interprétées nous émeuvent par la beauté de leurs voix et de leurs mots, par l'imbrication de leur texte et de ce lui des protagonistes qui jouent en play-back. Le fond de scne se couvre d'éclairs, de nuages qui courent, d'objets qui volent apportant une touche esthétique qui en rajoute encore à la magie du jeu des acteurs. Ils ont des costumes de rêve et des masques qui laissent loin derrire eux la comédia dell'arte, nous faisant glisser dans un voyage d'o l'on ne veut pas sortir. Le texte de Marquez est fluidifié, aéré, et une grande place est laissée à notre imaginaire. C'est un spectacle où tout est là : la justesse des acteurs, l'émotion, l'humour, la beauté du texte, les bruitages, la poésie, la musique, toute une harmonie que nous offre ce merveilleux spectacle, l'un des plus beaux de ce festival. Ils jouent déjà à guichet fermé, il faut réserver à l'avance.

 
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